Monitoring Afrique de l'Ouest

Ce monitoring trimestriel, publié par le GRIP depuis 2011, est réalisé dans le cadre d’un projet intitulé "Contribution à l’amélioration de la sécurité humaine, à la prévention des conflits et au renforcement de l’état de droit en Afrique sub-saharienne", financé jusque fin 2016 par le ministère des Affaires étrangères du Grand-Duché du Luxembourg.;xNLx;;xNLx;Il a pour but de suivre la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest avec un accent plus particulier sur le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Mali, le Niger et le Sénégal. Il se penche sur les questions de sécurité interne au sens large, les tensions régionales, la criminalité et les trafics transfrontaliers. ;xNLx;;xNLx;En savoir plus : http://www.grip.org/fr/node/46

2016-07-01 00:00:00

Graves inondations

Ce trimestre a été marqué par des inondations particulièrement graves dans de larges zones de l’Afrique de l’Ouest, notamment dans le delta du Niger, mais aussi au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. Au Bénin, au Nigeria et au Niger, un affluent de ce fleuve a même atteint fin juillet un niveau record jamais vu depuis 1957. Jusqu’à fin août, au Niger, les inondations ont affecté plus de 92000 personnes et ont provoqué la mort de 28 personnes. Au Burkina Faso, le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) parle de 34 morts et 13200 sans-abris en date du 28 septembre. Dans la région de Mopti au Mali, la direction nationale de l’hydraulique affirme que plus de 60000 personnes sont menacées par une montée inquiétante des eaux fin septembre.

2016-07-01 02:09:32

PUBLICATION - Le Centre du Mali: épicentre du djihadisme?

La multiplication d’épisodes violents dans le centre du Mali, depuis la moitié de l’année 2015, démontre à quel point la paix reste fragile dans ce pays. La signature des accords pour la paix et l’amorce d’un processus de réconciliation ont certes marqué une avancée pour le gouvernement, mais la stabilité demeure précaire dans les régions Centre et Nord. En l’absence de l’autorité étatique, des groupes hétéroclites, se réclamant d’un mouvement djihadiste dont ils ignorent même le nom, dictent leur loi et se vengent de leurs adversaires/ennemis dans le centre du Mali. Ainsi dans le Macina, des pasteurs transhumants, ne voulant plus se soumettre aux règles établies par leurs chefs traditionnels (dioros) cautionnées par l’administration pour l’exploitation des pâturages, se sont armés et ont décidé de ne plus payer de taxes pour avoir accès aux bourgous (plantes fourragères). Le djihad apparaît, ainsi, comme une simple option instrumentale en vue d’objectifs autres que la diffusion de la foi rigoriste

2016-07-01 02:09:32

PUBLICATION - Gérer l’après Compaoré: réflexion sur "la politique ivoirienne" du nouveau pouvoir burkinabè

La chute du régime Compaoré au Burkina Faso en octobre 2014 a entrainé un changement dans la politique étrangère de ce pays. Un des enjeux pour le Burkina post-Compaoré est de maintenir son influence diplomatique régionale. La tension avec la Côte d’Ivoire, consécutive au mandat d’arrêt contre Guillaume Soro, constitue à cet égard un test pour le nouveau président Roch Kaboré. Face à des craintes de déstabilisation de la part du pouvoir ivoirien, le président Kaboré doit concilier la quête de justice des Burkinabè avec les impératifs de la paix avec son voisin, décidé à reprendre sa position de puissance régionale. Malgré l’option officielle pour un règlement à l’amiable du contentieux, il est à craindre que les luttes de pouvoir internes dans les deux pays ébranlent à terme la stabilité de l’axe Abidjan-Ouagadougou.

2016-07-01 02:09:32

Vers une réorganisation des régions et de la gouvernance foncière

En s’appuyant sur la loi n° 2012-017 votée par l’Assemblée nationale le 31 janvier 2012, le nouveau collectif des Régions non opérationnelles entend arracher au gouvernement le statut de Région au profit de neuf localités maliennes6 . En juillet et en août, des concertations ont eu lieu entre les représentants des localités en vue d’amener le gouvernement à appliquer ladite loi, qui prévoit que ces neuf localités deviennent des régions à part entière. En outre, en vue d’un cadre de concertation pour résoudre la question foncière, s’est tenu le 27 septembre un atelier d’échanges regroupant les autorités concernées sous le thème : « Refonder les rapports sociaux, mettre la terre au service du développement et appuyer la bonne gouvernance de l’État ».

2016-07-01 02:09:32

Evolution critique de la menace sécuritaire

Un rapport d’International Crisis Group (ICG) publié début juillet a tiré la sonnette d’alarme sur la situation sécuritaire au Mali, témoignant notamment d’une montée des violences au centre du pays dans la région de Mopti et de Ségou. Le rapport intitulé « Mali central : la fabrique d’une insurrection » dénonce la quasi-absence de l’État malien dans cette zone, ainsi que sa coopération avec des groupes d’autodéfense à base communautaire. En même temps, Sahel Intelligence observe une nouvelle stratégie déployée par les groupes « djihadistes » qui ont commencé à recourir à l’enlèvement de personnes et surtout de militaires comme moyen de chantage. 1 er juillet : 2 morts, dont un soldat, lors d’une série d’attaque à Ménaka et Gao contre les forces armées maliennes et des camions de transport de la MINUSMA. 9 juillet : une attaque à la frontière du Burkina Faso, au centre du Mali, fait 2 morts parmi les gardes, composantes de l’armée malienne. Le 19 juillet, lors d’une attaque contre une base de l’armée malienne à Nampala au centre du Mali, 17 soldats maliens sont morts, 35 blessés et 5 enlevés. À la suite de cet attentat, revendiqué par le groupe Ansar Eddine, le président malien IBK a décrété trois jours de deuil national et prolongé de nouveau l’état d’urgence pour une durée de 8 mois. 8 août : une embuscade suivie d’un accrochage dans la région de Mopti a été revendiquée par Ansar Eddine. Cinq soldats ont été portés disparus, retrouvés morts par noyade quelques jours plus tard. 2 septembre : pour la première fois, une ville au centre du Mali, la localité de Boni, a été occupée par un groupe armé. L’armée malienne a pu reprendre la ville le lendemain. À la suite de cette attaque, revendiquée par Ansar Eddine, le ministre de la Défense a été remplacé par Semouylou Boubeye Maïga, ancien Premier ministre du premier gouvernement d’IBK. 9 septembre : 3 militaires tués lors d’une embuscade revendiquée par Ansar Eddine. Ce bilan ne reprend que quelques attaques contre les forces armées maliennes et multinationales. Face aux difficultés des Forces armées maliennes, illustrées par cette recrudescence des attaques au centre du Mali, les critiques contre les forces de sécurité et les demandes d’’accélération de la réforme de l’armée se sont multipliées. De plus, des observateurs s’inquiètent de la récurrence des embuscades prouvant que les assaillants sont bien au courant des déplacements des militaires. Par ailleurs, début septembre le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) a annoncé une scission. Selon son chef Moussa Ag Acharatoumane, le groupe armé Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) a été créé pour « représenter tous les Azawadiens ». Fin septembre, le conseil supérieur des Imghads et alliés Gatia et le bureau provisoire du MSA ont convenu d’unir leurs efforts de sécurisation à travers l’organisation de patrouilles conjointes au nord du Mali.

2016-07-01 14:41:06

PUBLICATION - Monitoring de juillet à septembre 2016

Voici la version papier du Monitoring de septembre à décembre 2016

2016-07-01 18:50:14

Focus : le trafic de drogue

Après la saisie record de 2,7 tonnes de cannabis en avril, le 15 août, les douanes maliennes ont saisi plus de deux tonnes de cannabis en provenance du Burkina Faso et destinées notamment au Sénégal et à la Guinée. Les trois trafiquants arrêtés ont avoué transporter régulièrement ce genre de marchandise du Burkina Faso à Bamako où un stock dessert la Guinée et le Sénégal. La valeur de la saisie est estimée à 3,5 milliards de FCFA, soit environ 5,3 millions d’euros. Toujours au Mali, l’antenne de l’Office central des stupéfiants de Mopti (OCS) a arrêté, le 23 août, trois personnes en possession de presque 500 g de cocaïne coupée avec de l’éphédrine. La valeur de la saisie, en provenance de Kidal pour Bamako est estimée à environ 13 millions de FCFA (environ 20 000 euros). Le trafic global des drogues passant par l’Afrique était au centre d’une conférence organisée par INTERPOL en septembre à Lyon. Insistant particulièrement sur l’augmentation du trafic d’héroïne et de la production de méthamphétamine, l’objectif de la rencontre était de démontrer les possibilités de coordination entre INTERPOL et les enquêteurs africains. En outre, le 20 septembre en marge de la 71e Assemblée générale des Nations unies, le nouveau Programme régional de l'ONUDC pour l'Afrique de l'Ouest (2016-20) et le Plan d'action régional de la CEDEAO en matière de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants et la criminalité organisée ont été lancés. Les deux programmes sont censés se compléter mutuellement et offrir une base solide pour relier les efforts nationaux, régionaux et internationaux contre la drogue, la criminalité, la corruption et le terrorisme.

2016-07-04 21:42:16

Abolition de la peine de mort par omission

Le nouveau code pénal et code de procédure pénale, adopté le 4 juillet, a aboli la peine de mort par omission. Selon Amnesty International, il s’agit d’une « avancée importante pour les droits humains dans le pays. Toutefois, le code contient des dispositions renforçant l'impunité dont jouissent les forces de sécurité et réprimant l'expression de la dissidence ». En outre, en référence à un rapport Rappel du dernier monitoring (avril-juin) - Le Premier ministre présente la politique générale de son gouvernement - Publication d’un rapport de Global Witness épinglant la société Sable Mining et le fils d’Alpha Condé pour une affaire de corruption - Une marche des femmes de l’opposition est interdite ― 9 ― de la commission de suivi de la détention provisoire de février 2016, Jeune Afrique dénonce les conditions de la détention provisoire en Guinée.

2016-07-06 22:01:17

La clan Gbagbo devant la CPI: reprise des audiences

Depuis la reprise du procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé devant la Cour pénale internationale le 6 juillet, les audiences ne sont plus directement retransmises sur internet afin de « préserver l’intégrité du procès » et d’éviter de révéler les identités des témoins protégés. Après une première pause du 7 au 19 juillet pour raisons de santé de l’accusé, la cour d’assises d’Abidjan a annoncé le 1er août, que le procès de Simone Gbagbo ne reprendrait pas avant le 10 octobre.

2016-07-07 02:09:32

Remaniement gouvernemental

Depuis le 7 juillet, date de l’annonce de la composition du nouveau gouvernement, un membre de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) fait partie du gouvernement malien. Connue pour son militantisme au sein de la rébellion touareg, Nina Wallet était jusque-là vice-présidente de la Commission dialogue, vérité, justice et réconciliation. Pourtant, la CMA déclare ne pas avoir été consulté avant sa nomination et ne pas la considérer comme une représentante de son mouvement.

2016-07-07 02:09:32

Défections au sein du parti présidentiel

Fin août, trois partis ont quitté la majorité présidentielle pour rejoindre l’opposition politique, ainsi que le nouveau parti « L’Union pour la paix et la stabilité » et quatre autres députés ont quitté le Rassemblement pour le Mali RPM, parti d’IBK fin septembre. Ils dénoncent notamment la mauvaise gouvernance du pays, le manque de transparence et des failles dans le système sécuritaire. En réponse aux critiques, le président a lancé depuis début septembre une série de rencontres avec des acteurs de l’opposition et des membres de la société civile. La première personne reçue le 8 septembre était Soumaïla Cissé, chef de l’opposition malienne. Même si celui-ci a écarté l’idée d’un gouvernement d’union nationale, il s’est montré satisfait de cette initiative de dialogue et a plaidé pour davantage de concertation entre toutes les forces du pays.

2016-07-07 22:01:17

Une police de proximité Koglwéogo

Le 7 juillet, 17 membres des groupes d’auto-défense Koglwéogo ont été interpellés par la police nigérienne pour avoir pénétré le territoire nigérien en possession de 14 fusils de chasse et dix motos. Quelques jours plus tard, après une rencontre entre les 13 gouverneurs, le ministre de la Justice, le procureur général et une délégation des Koglwéogo, Simon Compaoré a annoncé la création d’une nouvelle police de proximité, en charge de la gestion des Koglwéogo et de toute autre initiative locale de sécurité. Fortement critiquée par l’opposition et des acteurs de la société civile, notamment à cause des nombreuses exactions commises par les Koglwéogo, cette annonce a été qualifiée par Le Faso de « solution du pire », mettant en péril la sécurité au Burkina Faso. Comme convenu lors de la rencontre avec les autorités burkinabè, les Koglwéogo ont remis 130 armes de fabrication artisanale, des couteaux et des motos à Simon Compaoré le 29 août. Par ailleurs, afin d’endiguer le phénomène d’actes qualifiés d’incivisme à l’encontre des policiers, le gouvernement a annoncé début septembre la création « d’une police des polices » pour améliorer l’image des forces de l’ordre et changer les pratiques de terrain.

2016-07-10 18:50:14

Vers un engagement militaire de l’Union africaine au Mali ?

Lors du 27e sommet de l’Union africaine (UA) à Kigali, du 10 au 18 juillet, le commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité Smail Chegui a annoncé que l’UA va envoyer une équipe technique au Mali pour examiner les possibilités d’un déploiement d’une force africaine au sein de la MINUSMA au nord du pays. Néanmoins, il n’y a pas encore d’informations officielles sur le cours de cette mission. Notons que l’idée d’une intervention régionale de l’UA avait déjà été discutée à plusieurs reprises depuis le 24e sommet de l’UA en janvier 2015.

2016-07-12 02:09:32

Accord de paix d’Alger: installation des autorités intérimaires

Le 12 juillet, il y a eu trois morts et plus de 30 blesséslors d’une manifestation à Gao contre l’installation des autorités intérimaires, censée débuter le 15 juillet. Prévue par l’Accord d’Alger, cette disposition prévoit le remplacement temporaire des élus locaux dans les cinq régions administratives du nord du Mali par des représentants du gouvernement, de l’ex-rébellion et des groupes armés progouvernementaux. Pourtant, à Gao, ce sont essentiellement des jeunes qui ont lutté contre les groupes djihadistes, craignant ne pas être représentés par les autorités intérimaires. Après ces événements, de nombreux rassemblements de solidarité ont eu lieu surtout à Bamako et Tombouctou, et une enquête a été ouverte. De plus, lors d’une réunion extraordinaire de l’opposition politique le 18 août, les députés ont interpellé le gouvernement sur les affrontements à Gao, une interpellation qui a été déclarée irrecevable par la suite. Afin d’éviter d’autres affrontements, le gouvernement a lancé des campagnes de sensibilisation dans les cinq régions concernées dès le 8 août. Néanmoins, les autorités intérimaires ne sont toujours pas installées fin septembre, un retard qui suscite des fortes inquiétudes de la part de l’ONU.

2016-07-15 18:50:14

Mémorandum d’entente entre la CEDEAO et la CEEAC

En vue d’un nouveau départ dans la coopération entre la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les deux présidents se sont rencontrés en marge du 27e sommet de l’Union africaine à Kigali. Résultat Cette réunion a notamment débouché sur un mémorandum d’entente dans les domaines de la coopération économique et sécuritaire entre les deux parties, ainsi que sur un calendrier prévisionnel de rencontres

2016-07-15 22:01:17

Les médias publics manifestent pour plus d’indépendance

Ce 3e trimestre 2016 a été marqué par de nombreuses protestations de journalistes des médias publics burkinabè. Le 15 juillet, la première manifestation des médias publics dans l’histoire du Burkina a dénoncé une « immixtion » du pouvoir dans leur travail. D’autres manifestations, des grèves et des sit-in ont suivi.

2016-07-18 02:09:32

Accord de paix d’Alger: la situation à Kidal

Après les affrontements à Kidal mi-juin, la tension est encore montée d’un cran entre la CMA et le Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia) début juin, mettant en péril l’application de l’accord de paix. D’après le porte-parole du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), le Gatia n’était pas à Kidal lors de la signature de l’accord de paix, mais souhaite maintenant y avoir une présence militaire, son chef, le général de l’armée malienne El Hadj Ag Gamou, visant le poste de président du conseil régional de la future administration intérimaire. Pour éviter des futurs affrontements violents, le 18 juillet, la CMA et la Plateforme (composée des Touaregs du Gatia) ont signé un accord, négocié sous l’égide du Premier ministre nigérien à Niamey et prévoyant un partage de la gestion administrative et sécuritaire de la ville. Cependant, ce compromis n’a pas tenu longtemps. Depuis le 21 juillet, des combats dans toute la zone de Kidal ont repris malgré l’engagement de la MINUSMA et plusieurs tentatives de médiation à Bamako. Dernièrement, le Gatia semble poursuivre la stratégie d’isoler la CMA à l’intérieur de la ville et multiplier ses prises des localités dans la région autour de Kidal, ainsi que des axes routiers stratégiques.

2016-07-18 18:50:14

Focus : la présence de l'Union européenne au Sahel

Le Conseil de l’Union européenne a décidé le 18 juillet de prolonger la mission EUCAP Sahel Niger jusqu’au 15 juillet 2018 avec un budget de 26,3 millions d’euros pour la période de juillet 2016 à juillet 2017. Le Conseil a également adopté le mandat visant à assister les autorités nigériennes centrales et locales, ainsi que les forces de sécurité afin de développer des mesures politiques et opérationnelles afin de mieux contrôler et de lutter contre la migration irrégulière. À partir du 1erseptembre, la nouvelle cheffe de la mission EUCAP Sahel Niger Kirsi Henriksson, ancienne à la tête de la mission EUCAP Sahel Mali, a pris ses fonctions, remplaçant son prédécesseur Filip de Ceuninck. Début août, pour la première fois, la mission européenne de formation au Mali (EUTM Mali) a organisé une formation pour une vingtaine d’officiers des cinq pays du Sahel, soit le Mali, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad, afin de « renforcer la coordination et l’interopérabilité des forces armées ».

2016-07-20 02:09:32

Multiples manifestations de la société civile

À la suite d’une hausse des tarifs de l’électricité jugée excessive par les consommateurs en juillet, plusieurs manifestations violentes ont éclaté dans le pays. À Bouaké, une personne est morte et une dizaine d’autres ont été blessées lors d’une manifestation. Le 2 août, l’opposition a exigé dans une déclaration « l’annulation » de l’augmentation des tarifs de l’électricité, un enjeu important pour le gouvernement, vu que l’électricité ivoirienne figure déjà parmi les moins chères de la région. Également en juillet, de violentes manifestations ont opposé la police aux étudiants de l’université de Cocody, revendiquant de meilleures conditions d’études. Après une suspension des activités des syndicats dans toutes les universités du pays par le gouvernement le 20 juillet, les cours à Abidjan ont repris le 28 juillet. Rompant avec la violence et dans l’objectif de porter ensemble et d’une seule voix les revendications, les syndicats étudiants se sont accordés sur une charte de paix le 24 août.

2016-07-20 22:01:17

Réforme de l’armée en cours

Du 20 au 22 juillet s’est tenu le Conseil d’administration du secteur ministériel (CASEM) du ministère de la Défense nationale et des anciens combattants autour du thème « Validation de la version provisoire du Plan stratégique 2017-2021 pour la réforme des forces armées nationales ». Regroupant le président burkinabè et plus de 80 membres des autorités militaires, le Conseil entendait formuler des recommandations pour la finalisation du plan stratégique en question. Le chef d’État a exprimé son souhait de finaliser le volet financier de la réforme dans les meilleurs délais et a assuré qu’un projet de loi de programmation serait soumis au Parlement pour l’équipement des forces armées. Un mois après le Conseil, du 29 août au 1er septembre, le National Democratic Institute (NDI) a organisé une formation au profit des députés membres de la commission de la défense et de la sécurité afin de les sensibiliser sur le rôle de l’Assemblée nationale dans la réforme de l’armée.

2016-07-22 09:28:06

Vers un procès sur la mort de Thomas Sankara

L’enquête sur la mort de Thomas Sankara et douze de ses compagnons étant presque achevée, le procès pourrait se tenir d’ici fin 2016 selon la justice militaire burkinabè. Fin juillet, après avoir requis le consentement des familles concernées, des prélèvements sur les restes présumés de Sankara et de ses compagnons ont été envoyés à Santiago en Espagne pour une deuxième expertise. Le 22 août, Gilbert Diendéré a été auditionné pour la première fois sur le fond du dossier Sankara. Inculpé d’attentat, d’assassinat et de recel de cadavres, le général a présenté sa version des faits et affirmé qu’il n’était pas au courant de l’initiative d’assassinat par Hyacinthe Kafando, ancien chef de la sécurité rapprochée de Blaise Compaoré considéré comme le commanditaire de l’attentat contre Sankara.

2016-07-22 09:28:06

Nouvelle Constitution: un processus controverse

Au mépris d’un net rejet par 23 partis de l’opposition, réunis dans le Collectif des partis de l’opposition démocratique (CODE), le Parlement ivoirien a voté le 22 juillet en faveur de la tenue d’un référendum constitutionnel fin octobre 2016. Malgré l’annonce du comité d’experts chargé de rédiger l’avantprojet de la Constitution pour fin août, c’est seulement le 24 septembre que ce dernier a été remis au président Ouattara. Finalement adopté en Conseil des ministres le 28 septembre, ce texte fondateur d’une future troisième République devrait passer devant l’Assemblée nationale le 5 octobre. Comme annoncé par le président Ouattara lors de son discours à l’occasion de la fête nationale, cette nouvelle Constitution créera le poste d’un vice-président, élu au suffrage universel direct en même temps que le président. Un Sénat sera également créé et leurs membres seront élus au suffrage indirect pour les deux tiers et un tiers sera nommé directement par le président. En même temps, l’article 35 portant sur la nationalité d’un candidat pour la présidentielle sera supprimé ou modifié. Très critique par rapport au retard du comité d’expert et à la nécessité d’un référendum constitutionnel, la coalition des forces d’opposition, dont est membre le Front populaire ivoirien (FPI) avait lancé une campagne contre le référendum constitutionnel le 17 septembre. Selon une étude de la Plateforme de la société civile pour l’observation des élections en Côte d’Ivoire (POECI) menée en juin et publiée le 12 août, les personnes interrogées estiment le projet de réforme constitutionnelle inopportun et privilégieraient plutôt la réconciliation nationale, la sécurité, la lutte contre la cherté de vie et le chômage.

2016-07-24 02:09:32

Série de grèves des travailleurs de la justice

Depuis le 24 juillet, un mois après la publication d’une liste de revendications, le Syndicat des travailleurs de la Justice (SytJust) a observé une série de grèves. Parmi ses revendications, l’indépendance de la Justice, et l’amélioration des conditions tant sociales que professionnelles des travailleurs de la justice. Face au silence des autorités, le syndicat a lancé fin septembre son troisième plan d’action, ayant entraîné une paralysie totale du système judiciaire.

2016-07-25 22:01:17

Relations avec la Côte d’Ivoire: normalisation des rapports

Après avoir connu un refroidissement depuis notamment l’affaire des écoutes téléphoniques, les relations entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire semblent se normaliser. Le 22 juillet, le ministre des Affaires étrangères ivoirien Abdallah Albert Toikeusse Mabri s’est rendu à Ougadougou pour installer le nouvel ambassadeur ivoirien après le départ de son prédécesseur il y a un an. Il s’agissait de la première visite officielle d’une autorité ivoirienne depuis l’investiture du président Roch Marc Christian Kaboré, suivie peu après par une rencontre entre celui-ci et son homologue ivoirien Alassane Ouattara dans le contexte de la cinquième conférence des chefs d’État du Traité d’amitié et de coopération (TAC) entre les deux pays. Cette conférence s’est tenue du 25 au 29 juillet à Abidjan et s’est soldée par la signature de 13 accords bilatéraux dans des domaines de l’éducation, du commerce et des transports. Ces accords ont surtout mis l’accent sur les trois grands chantiers ivoiro-burkinabè : l’autoroute entre Yamoussoukro et Ouagadougou, la ligne de chemin de fer Abidjan-OuagadougouKaya-Tambao et le pipeline d’hydrocarbures devant approvisionner le Burkina. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire va augmenter sa fourniture d’électricité vers le Burkina pour, en théorie, compenser une partie de ses pertes de l’électricité subventionnée par l’État en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, la lutte contre le terrorisme et la sécurité des frontières ont été également discutées lors de cette conférence.

2016-07-25 22:01:17

Actualités électorales du 3e semestre 2016

La révision de la liste électorale, entamée le 25 juin, a été achevée le 25 juillet. Malgré le référendum constitutionnel et les législatives prévues avant le 20 novembre 2016, elle a suscité peu d’intérêt de la part des Ivoiriens. En même temps, les principaux partis se positionnent et nomment leurs candidats pour les élections. Le FPI a mis en place un groupe de contact composé de cinq personnes fin août pour surmonter ses divisions internes, cependant aucune réconciliation entre la branche dissidente et le parti ne semble en vue. Cette sécession reste problématique pour le parti désireux de reconquérir lors des élections en novembre au moins autant de sièges qu’avant 2011, soit 96 sur les 255 que compte l’Assemblée nationale.

2016-07-29 02:09:32

Coopération dans la lutte contre le terrorisme et l’insécurité

À l’occasion du deuxième anniversaire de la force Barkhane et l’introduction du nouveau commandant, François Xavier de Woillemont, Patrick Bréthous son prédécesseur a dressé le bilan de l’opération. La MINUSMA était de nouveau la cible des nombreuses critiques ce trimestre. Au-delà de son incapacité à éviter des affrontements à Kidal et du fait de se montrer complice avec la Coordination des mouvements de l’Azawad, l’opération a notamment été critiquée dans le contexte de la saisie de 25 cartons de munitions dans un car de transport commun. En provenance du Sénégal, celle-ci était destinée à réapprovisionner la Police des Nations unies (UNPOL), déployée au sein de la MINUSMA. En outre, le 26 juillet, un haut responsable du groupe Ansar Eddine a été arrêté par des forces spéciales maliennes entre les localités de Nampama et Dogofri.

2016-07-30 02:09:32

Prorogation de l'état d'urgence dans la région de Diffa: persistance des attaques de Boko Haram

L’état d’urgence dans la région de Diffa a été une nouvelle fois prolongé par les autorités le 30 juillet. Quelques jours avant seulement, le 25 juillet, la Force multinationale mixte (FMM), composée des troupes du Niger, du Bénin, du Nigeria, du Tchad et du Cameroun, avait lancé l’offensive conjointe « Gama Aiki ». Le ministre nigérien de la Défense Hassoumi Massaoudou estime qu’avec cette opération « nous sommes entrés dans la phase finale d’éradication de Boko Haram ». Pourtant, en dépit de cette annonce et de la reprise du contrôle de la ville nigériane de Damasak à la frontière du Niger, plusieurs attaques de Boko Haram se sont produites sur le territoire nigérien. Après les attaques meurtrières de Toumour et Gueskérou les 12 et 14 septembre, faisant cinq morts, plusieurs blessés et des dégâts matériaux considérables, les Forces de défense et de sécurité nigériennes appuyées par l’armée tchadienne ont réagi en engageant une « opération de ratissage » dans la région de Diffa. Cette opération a fait 38 morts du côté de Boko Haram, selon le porte-parole du ministère nigérien de la Défense, et a permis la saisie d’une importante quantité d’armes et de munitions. En outre, afin de mieux sécuriser les frontières avec le Nigeria, 250 policiers nigériens, constituant une nouvelle unité mobile, ont été formés pendant deux mois par des instructeurs de l’armée américaine. Leur formation a été achevée en septembre. Le 11 septembre, une attaque a visé le camp de réfugiés de Tabarey Barey, situé à la frontière avec le Mali. Le bilan officiel est de deux morts et quatre blessés parmi les réfugiés maliens. Les assaillants venus du Nord-Mali sont toujours en fuite.

2016-07-30 02:09:32

Le Mouvement pour la justice et la réhabilitation du Niger menace de prendre les armes

Par ailleurs, début septembre, le Mouvement pour la justice et la réhabilitation du Niger (MJRN), un groupe armé jusqu’ici peu connu, a menacé de « s’attaquer au Niger » pour défendre la communauté minoritaire des Toubous. De plus, Adal Ag Rhoubeid, candidat malheureux à la dernière présidentielle, alerte sur l’état de mécontentement des Touaregs nigériens et le danger potentiel pour la sécurité du Niger.

2016-08-01 02:09:32

Publication d'une étude sur les jeunes « djihadistes » au Mali

Une note d’analyse de l’Institut d’études de sécurité (ISS), publiée en août s’interroge sur les différents facteurs poussant des jeunes Maliens à joindre des groupes armés « djihadistes ». Basée sur des entretiens menés avec plus de 60 ex-engagés, elle révèle que la volonté de se protéger ainsi que sa famille ou sa communauté sont des facteurs importants tout comme préserver son activité économique. L’interaction des différents facteurs, ainsi que les différentes réalités locales ne doivent cependant pas être négligées. Par conséquent, l’ISS s’exprime en faveur d’une utilisation plus prudente de termes comme « radicalisation », « dé-radicalisation » ou « extrémisme violent ».

2016-08-01 02:09:32

Mouvements sociaux et grèves

À plusieurs reprises en août et en septembre, le Syndicat autonome des magistrats du Niger (SAMAN) a dénoncé une certaine remise en cause de l’indépendance de l’appareil judiciaire et une « tendance rampante et inquiétante à vouloir transformer les magistrats du parquet à tous les niveaux de la pyramide judiciaire en de simples agents d’exécution ». De plus, pour dénoncer des retards massifs de paiement de salaires, les enseignants des différentes universités publiques du pays étaient en grève du 8 au 10 et du 19 au 26 septembre.

2016-08-02 16:25:53

Les partis politiques priés de se conformer à la loi

Le 2 août, le gouvernement burkinabè a sommé 42 partis politiques de se conformer à la loi. Ayant notamment dénoncé l’absence de tenue de congrès ou d’assemblées générales par certains partis politiques pour renouveler leurs organes dirigeants, le ministre de l’Administration du territoire leur a donné un mois pour régulariser leur situation. Au 31 août, sur les 42 partis incriminés, 22 se sont conformés aux textes. Les 20 autres partis politiques sont menacés de sanctions voire de dissolution dans un délai de trois mois.

2016-08-05 21:42:16

Libération de membres de la garde rapprochée de l’opposant Cellou Dalein Diallo (UFDG)

Le 5 août, 17 membres de la garde civile de l’opposant Cellou Dalein Diallo (UFDG) ont été libérés. Ils avaient été arrêtés quelques jours après l’assassinat d’un journaliste dans le contexte des heurts entre les partisans de Diallo et Bah Oury près du siège de l’UFDG le 10 février 2016.

2016-08-12 02:09:32

Division au sein du PS

En vue des élections législatives en 2017 et des présidentielles en 2019, des tensions au sein du parti socialiste (PS) ont refait surface début septembre lors des élections du nouveau Haut Conseil des collectivités (HCCT), organe institutionnel créé par le référendum en mars 20167 . En présentant deux listes du PS concurrentes pour les postes des hauts conseillers territoriaux à Dakar, il s’agissait en effet d’un « duel fratricide et à distance » entre Khalifa Sall, maire de Dakar et Ousmane Tanor Dieng, secrétaire général du parti. À la suite de la victoire de la liste de Khalifa Sall, la division au sein du PS s’est accentuée. Le porte-parole adjoint du PS a déclaré que Khalifa Sall « ne serait jamais candidat du PS et paierait cher sa défiance » risquant même d’être exclu du parti. Par ailleurs, le mouvement de soutien de Khalifa Sall « And dolel Khalifa » (ADK), créé en 2009, se montre de plus en plus actif. Lors de son premier conseil national le 26 septembre, l’ADK a désigné Khalifa Sall comme candidat à l’élection présidentielle : « On ne demande pas à Khalifa Sall d’être candidat, on le lui impose ». Cependant, le positionnement de ce mouvement par rapport au PS est flou et Khalifa Sall ne s’est pas encore exprimé par rapport à cette désignation.

2016-08-12 02:09:32

Controverses autour de la revue du code électoral

Le 12 août, l’Assemblée nationale sénégalaise a adopté un projet de loi portant refonte partielle du fichier électoral. Cette loi précise qu’au moment de leur inscription en vue de l’obtention de la carte nationale d’identité biométrique, les électeurs ont la possibilité d’informer les services du ministère de l’Intérieur de leur inscription éventuelle sur les listes électorales. Dénonçant le manque de consensus lors de l’élaboration de la loi qu’ils qualifient de « recul démocratique », les députés de l’opposition se sont fortement opposés à cette disposition. Dans le même contexte de revue du code électoral, le ministre conseiller Benoît Sambou a proposé une modification de la loi sur la double nationalité stipulant que « tout candidat détenteur d’une autre nationalité doit avoir renoncé à celle-ci, depuis au moins cinq ans avant le jour du scrutin et en fournir les preuves ». Cette modification, avec laquelle Macky Sall a pris ses distances fin août après des nombreux débats, pourrait en effet empêcher les candidatures de Karim Wade (PDS) et d’Abdoul Mbaye (Act).

2016-08-12 23:25:03

Renforcement des mesures sécuritaires

Pendant deux semaines au mois de juillet, les forces sénégalaises ont suivi une formation dans le cadre du programme américain « Africa Readiness Training » pour réagir rapidement et efficacement face à une attaque terroriste. En outre, afin de faciliter la coordination des services de la lutte contre le terrorisme, Macky Sall a créé par décret fin juillet le Cadre d’intervention et de coordination interministériel des opérations de lutte anti-terroriste (Cico) placé sous l’autorité directe du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique.

2016-08-13 02:09:32

Remaniements politiques

Une série de remaniements politiques importants a débuté le 13 août avec l’annonce du bureau politique du parti d’opposition MNSD-Nassara d’accepter l’invitation du président Mahamadou Issoufou à participer à un gouvernement d’union nationale. Il devient ainsi le deuxième parti en termes de nombre de députés derrière le PNDS, au pouvoir. Depuis le 22 août, les tractations entre Seini Oumarou, président du MNSD-Nassara et le président Issoufou sont en cours et devraient s’achever par la signature d’un protocole d’accord et la formation d’un nouveau gouvernement dans les semaines à venir. L’opposition se réorganise également après le départ du MNSD-Nassara. Composée de onze partis politiques, dont le Moden FA Lumana de Hama Amadou, une nouvelle coalition a vu le jour fin août : Le Front pour la restauration de la démocratie et la défense de la République (FRDDR). Dans une déclaration commune, le Front a annoncé son intention de « restaurer la démocratie confisquée ».

2016-08-13 02:09:32

Poursuites judiciaires

Après avoir été condamné à dix mois de prison ferme et deux mois avec sursis le 12 juillet, le député Soumana Sanda, coordinateur régional de Moden Fa Lumana de Niamey et six autres militants de Hama Amadou ont été libérés le 18 septembre. Arrêtés le 14 novembre 2015 lors du retour de Hama Amadou de son exil en France au Niger, ils avaient déjà passé dix mois en détention. Dans l’affaire du coup d’État déjoué de décembre 2015, des rumeurs autour d’un montage persistent. En même temps, le 19 août, la chambre de contrôle du tribunal militaire de Niamey a rejeté les demandes de mise en liberté provisoire des avocats d’une dizaine de personnes civiles impliquées dans la tentative. Au total, 24 personnes sont toujours emprisonnées dans l’attente de leur procès, une situation dénoncée par le collectif d’avocats qui les défend.

2016-08-15 02:09:32

Arrestation de l’animateur Ras Bath

Officiellement accusé « d’atteinte aux mœurs et d’injure publique à caractère sexuel », le chroniqueur Ras Bath a été arrêté le 15 août. Soupçonnant que cette arrestation ait été liée à ses travaux sur les dysfonctionnements au sein de l’armée malienne, un mouvement de soutien s’est rapidement formé. La manifestation pour sa libération du 17 août a dégénéré en heurts, faisant au moins un mort et 18 blessés. À la suite de ces événements, l’accès aux réseaux sociaux a été interrompu pendant plusieurs heures provoquant des réactions nombreuses non seulement au Mali, mais également de la part de la diaspora. Libéré finalement après 72 heures de garde de vue, le contrôle judiciaire de Ras Bath a été partiellement levé le 15 septembre. Dans le contexte de la manifestation, 19 personnes accusées de « troubles à l’ordre public » ont été jugées le 25 août ; 18 ont été acquittées.

2016-08-16 21:42:16

Une marche de l'opposition dénonce la gouvernance d'Alpha Condé

Après avoir été reportée plusieurs fois, la marche de l’opposition a finalement eu lieu le 16 août. Les 700 000 manifestants (selon les organisateurs, 500 000 selon les forces de l’ordre) se sont rassemblés d’abord paisiblement pour revendiquer plus de démocratie, de justice, de sécurité et de liberté face au régime d’Alpha Condé. Pourtant, au chemin de retour, les violences entre les forces de l’ordre et les manifestants ont éclaté avec un bilan officiel d’un mort, 12 blessés et 6 arrestations. Par ailleurs, à la suite des propos tenus fin juillet contre le président Alpha Condé et des membres de la majorité, le député du parti d’opposition Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Ousmane Gaoual Diallo a été interpellé pour « outrage au chef de l’État ». Après trois jours de procès, il a été condamné le 12 août à deux ans d’emprisonnement et un million de GNF (environ 100 euros) d’amende avec sursis. Pourtant, le 18 août le procureur a annoncé la reprise du procès à la cour d’Appel à la suite des plaintes introduites par les parties du procès.

2016-08-25 22:01:17

Premiers retours de réfugiés ivoiriens

Lors d’une réunion du 12 juillet, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) s’est interrogé sur l’avenir des 58 000 réfugiés ivoiriens en Afrique de l’Ouest et a insisté sur la nécessité d’encourager et d’accompagner ces retours. Le 25 août, après de nombreuses tentatives du gouvernement ivoirien, 32 réfugiés ivoiriens au Ghana sont rentrés au pays. Jusqu’à cette date, les retours s’étaient effectués au compte-gouttes : quatre personnalités pro-Gbagbo3 sont rentrées fin juin. Le 2 août, Kadet Bertin et Kacou Brou ont été réintégrés dans leur corps d’origines de la fonction publique. Par ailleurs, à la suite d’une séance de travail entre le président du FPI et la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU du 1er septembre, huit prisonniers pro-Gbagbo ont été libérés le 6 septembre. Des négociations pour la libération d’autres détenus se poursuivent.

2016-08-27 21:42:16

Lutte pour le "leadership" de l'Union des forces démocratiques de guinée (UFDG).

Les tensions au sein de l’opposition persistent cependant en vue des élections locales et de la reprise du dialogue politique. Le 27 août, Bah Oury a annoncé l’ouverture des nouveaux bureaux de l’UFDG. Officiellement exclu depuis février 2016, il avait récemment affiché ses intentions de récupérer le leadership du parti.

2016-08-28 18:50:14

Focus: l’exportation controversée des ânes

Au Mali, le 28 août, un ressortissant chinois, accusé de faire partie d’un vaste réseau de trafic, a été arrêté avec près de quarante peaux d’ânes. Considérant que l’âne est un animal avec une importante fonction sociale et économique, notamment dans le milieu rural, l’augmentation considérable du trafic d’ânes dans les dernières années a suscité de vifs débats dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Suivant les décisions du Sénégal et du Mali, le Burkina Faso et le Niger ont complétement interdit l’exportation de l’espèce asine, viande et peau.

2016-08-28 18:50:14

Focus : Sûreté et sécurité dans le golfe de Guinée

Entre le 28 août et le 1er septembre, une patrouille mixte, organisée par la Gambie, la Guinée, la Guinée-Bissau et le Sénégal, a contrôlé 82 bateaux de pêche, dont 14 étaient en infraction. La campagne a de plus permis l’identification de trois navires en train de pêcher illégalement, suivie de l’arraisonnement d’un navire battant pavillon chinois. En vue d’un nouveau départ dans la coopération entre la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), ses deux présidents se sont rencontrés en marge du 27e sommet de l’Union africaine à Kigali. Un des objectifs de cette rencontre portait notamment sur le lancement et l’installation de l’équipe dirigeante du Centre interrégional pour la coordination de la lutte contre la piraterie et l’insécurité dans le Golfe de Guinée (CIC). Comme l’a relevé l’ICG, la division institutionnelle en termes d’action régionale entre la CEDEAO et la CEEAC, représente un défi important pour la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée et la sécurité maritime.

2016-08-30 23:25:03

L’opposition dénonce un manque de transparence, notamment dans la gestion des ressources pétrolières

Dans le cadre d’une plateforme dénommée Front pour la défense du Sénégal/Mànkoo Wattu Sénégal (ancien FDC/Wallu Sénégal), lancée fin août, les forces d’opposition sénégalaises se réorganisent pour « mettre fin aux nombreuses dérives » de Macky Sall, dénonçant notamment les dernières actions gouvernementales contre des opposants. Après avoir révélé plusieurs anomalies fiscales ou budgétaires depuis le mois de mai, Ousmane Sonko, l’inspecteur des impôts et domaines et chef du parti Pastef-Les Patriotes, a été limogé le 29 août par un décret présidentiel. Nagi Ngom Keïta, présidente de l’Office national de lutte contre la fraude et la corruption (OFNAC) a été également limogée par décret présidentiel fin juillet. Le 15 août, elle a adressé une lettre publique au président, dans laquelle elle s’interroge notamment sur les conditions d’attribution des permis d’exploitation du pétrole sénégalais et réclamait la publication de ces documents. Pour répondre à cette revendication, le 21 septembre, le gouvernement a publié les six contrats pétroliers que le Sénégal a signés avec les sociétés PETRO-TIM Limited et DENEGAL HUNT COMPANY. Néanmoins, Ousmane Sonko accuse le Premier ministre d’escamoter des informations et formule des propositions concrètes pour une gestion des ressources pétrolières. Depuis son annonce en février 2016, la publication du nouveau code pétrolier sénégalais est attendue.

2016-08-31 18:50:14

Lutte contre Ebola

Le 31 août, le gouvernement guinéen a déclaré la fin de la surveillance active et renforcée, exigée par l’OMS contre Ebola. Dans ce même sens, la Côte d’Ivoire tourne aussi la page d’un risque d’épidémie d’Ebola et a annoncé le 8 septembre la réouverture de ses frontières avec la Guinée et le Libéria, fermées pendant l’épidémie. Néanmoins, le Fonds international pour le développements agricole (IFAD) alerte sur la situation difficile des nombreux agriculteurs qui souffrent toujours des conséquences d’Ebola sur la sécurité alimentaire. En outre, un rapport du Centre africain pour la résolution constructive des disputes (Accord) souligne l’importance des mesures post-Ebola visant la sécurité humaine etsonne l’alerte quant à l’impact de l’épidémie sur la paix et la stabilité dans la région du fleuve Mano.

2016-08-31 22:01:17

Le FPI tente de surmonter ses divisions internes

Le FPI a mis en place un groupe de contact composé de cinq personnes fin août pour surmonter ses divisions internes, cependant aucune réconciliation entre la branche dissidente et le parti ne semble en vue. Cette sécession reste problématique pour le parti désireux de reconquérir lors des élections en novembre au moins autant de sièges qu’avant 2011, soit 96 sur les 255 que compte l’Assemblée nationale.

2016-09-01 18:50:14

Focus : l’affaire du carburant toxique

Un rapport publié par l’ONG suisse Public Eye en septembre a révélé que les négociants suisses en matières premières profitent de normes peu élevées en Afrique pour produire, livrer et vendre des carburants à haute teneur en soufre, interdits en Europe. Selon le rapport, par ces pratiques illégitimes, ces sociétés contribuent à l’explosion de la pollution de l’air dans les villes africaines et nuisent à la santé de millions de personnes. Le Sénégal étant particulièrement concerné par ce phénomène, sa ligue des droits de l’homme (LSDH) a déposé, auprès du Doyen des juges, une plainte avec constitution de partie civile.

2016-09-02 22:01:17

Situation sécuritaire préoccupante dans le Nord Mali

Le 2 septembre, deux personnes dont un douanier ont été tuées et trois autres blessées dans une attaque à la frontière burkinabè avec le Mali et le Niger. C’est la première attaque revendiquée par Abou Oualid Al-Sahraoui au nom de l’État islamique. Depuis 2015, sept postes des services de sécurité ont été attaqués au nord du Burkina Faso. Un rapport d’International Crisis Group (ICG), sorti le 6 septembre pointe du doigt l’importance de préserver l’équilibre religieux dans le pays, mis en péril par l’urgence sécuritaire et la forte demande sociale parmi de nombreux musulmans. L’attaque du 2 septembre a été suivie par des revendications de l’opposition en vue de l’établissement d’un ministère exclusivement dédié aux questions sécuritaires, ainsi que l’accélération de la réforme de l’armée et l’opérationnalisation de l’agence nationale de renseignement. Début juillet déjà, Ablassé Ouédraogo, président du parti « Le Faso Autrement » a critiqué le gouvernement Ouattara. D’après lui, « tous les signaux sont au rouge ».

2016-09-04 02:09:32

Mise en vielleuse du projet de Rio Tinto

Début juillet, le nouveau directeur de la société Rio Tinto Jean-Sébastien Jacques, a annoncé la mise en veilleuse du projet de planning et de développement de la mine et des infrastructures de Simandou. Expliquée par la baisse des prix et l’excès de production de minerai de fer sur le marché, cette annonce a suscité des inquiétudes notamment auprès des milliers d’employés qui ont exprimé leur colère lors de plusieurs manifestations.

2016-09-05 09:28:06

Poursuite de l'enquête sur le putsch manqué

Le 22 juillet, le commissaire du gouvernement près le Tribunal militaire, Alioune Zanré, a fait le point sur l’état d’avancement de l’enquête sur le putsch manqué du 16 septembre 2015 : depuis début juin 2016, 16 inculpés sur 77 ont bénéficié de « liberté provisoire », parmi eux Léonce Koné, le 1er vice-président du CDP et le commandant Abdoul Aziz Korogo, chef de corps par intérim de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle. Deux semaines plus tard, le 4 août, Me Hermann Yaméogo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (UNDD) a été remis en liberté avant que cette décision soit suspendue une semaine à la suite de l’interjection d’appel d’Alioune Zanré. À la suite d’une décision de la Cour de cassation burkinabè début août, le général Djibril Bassolé, exministre des Affaires étrangères a quant à lui été maintenu en détention, malgré les nombreux recours de ses avocats et le fait que la Cour de justice de la CEDEAO ait estimé que la Justice militaire burkinabè avait violé les droits du prévenu en lui interdisant de choisir des avocats étrangers. Le 15 septembre, il a déposé une nouvelle plainte, devant le groupe de travail de l’ONU sur les détentions arbitraires. Par ailleurs, insatisfaites de la gestion de ces dossiers juridiques tant par le pouvoir actuel que par l’opposition, sept organisations de la société civile (parmi lesquelles le Balai Citoyen) se sont unies dans une coalition dénommée « Le Dytanié » pour dénoncer ce qu’elles nomment la « trahison » du peuple.

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